Crypto Asset France : Interview !

Temps de lecture : 5 minutes

Crypto Asset France est un nouveau collectif pour fédérer et promouvoir les talents français de la crypto-économie.




Crypto Asset France

Paris, le 3 avril 2018 – Les principaux acteurs de la crypto-économie se regroupent pour créer Crypto Asset France, en prenant appui sur Bitcoin France, association nationale historique de promotion de la technologie blockchain. Ce nouveau collectif souhaite fédérer et promouvoir tous les talents français de la crypto-économie et des crypto-actifs, afin de sensibiliser les institutions publiques et la société civile au formidable levier de rayonnement international que représente ce secteur pour la France.




Un vivier de talents à fédérer pour émerger sur la scène internationale :

« Nous ne raterons pas la révolution de la blockchain ». A l’aune des déclarations récentes du Ministre de l’Economie et des Finances qui estime que la France a tout intérêt à devenir « le premier grand centre financier à proposer un cadre législatif ad hoc permettant aux entreprises initiant une ICO de démontrer leur sérieux aux investisseurs potentiels », l’association Bitcoin France a souhaité se renouveler pour fédérer tous les talents du secteur et favoriser l’émergence de la France comme leader de la crypto-économie. Notre pays compte en effet des champions au rayonnement mondial dans cet écosystème. Leur regroupement au sein d’un même collectif permettra de renforcer de manière globale ce vivier de talents ultra-compétitif.

Crypto Asset France, ex- Bitcoin France, souhaite favoriser auprès de tous les publics, institutionnels comme société civile, une appréhension positive des technologies blockchain et valoriser davantage les champions français du secteur. Les membres fondateurs sont les plus emblématiques de la crypto-économie française et comptent notamment : Pierre Noizat (Paymium), Arnaud Dartois (NaPoleonX), Sébastien Couture (Stratumn), Frédéric Montagnon (Legolas), Nicolas Muller (Talao), Christophe Doré (MoneyTrack), Francis Cohen (Lixus.io), Hubert de Vauplane (Associé chez Kramer Levin), Philippe Rodriguez (Avolta Partners), Benjamin Grange (Dentsu Consulting).

Une expertise pluridisciplinaire au service des préoccupations des entrepreneurs et des fonds crypto :

A court terme, Crypto Asset France va rapidement se pencher sur deux sujets de préoccupation des entrepreneurs : l’harmonisation réglementaire de la France avec l’Europe et le Monde ainsi que la fiscalité des détenteurs de crypto-assets en France.

Par la suite, et afin d’adresser les différentes expertises de la crypto-économie, plusieurs commissions seront créées lors de l’Assemblée Générale de l’association Bitcoin France, renommée Crypto Asset France, qui se tiendra en juin 2018.

Crypto Asset France a l’intention de travailler avec les autres associations représentatives du numérique en France comme l’Acsel, ou France Digitale sur les sujets qui ne traitent pas de la crypto-économie.

L’interview

J’ai posé ces questions il y a quelques semaines avant que les nouvelles modalités sur la fiscalités des cryptomonnaies en 2018 soit rendue public par le conseil d’état, voir ici.

Michaël : La régulation est un thème important pour le développement des cryptomonnaies en France et il faudrait pouvoir mettre un système universel en place (donc en collaboration avec les autres gouvernemnts) avez-vous des pistes à ce sujet ?

Benjamin Grange (porte-parole de Crypto Asset France) : Crypto Asset France rencontre régulièrement les pouvoirs publics français pour discuter de la question des technologies blockchain, de l’entreprenariat français dans la crypto-économie et de l’opportunité de développement que représente ce secteur pour la France. Une harmonisation règlementaire européenne serait bien évidemment idéale : elle permettrait au continent de se positionner comme une terre d’accueil privilégiée des ICO et des projets crypto, et de démontrer son leadership face aux sérieux concurrents que sont l’Asie et la Suisse.

Michaël : En ce qui concerne la fiscalité, elle est encore floue dans de nombreux pays dans le monde, si la France prend des décisions favorables aux crypto-assets dans les mois à venir, cela attirera forcément des acteurs internationaux majeurs (binance qui s’installe à Malte en est un exemple), en plus de booster les acteurs français, une fiscalité claire et favorable/raisonnable ne peux que faire du bien à l’économie du pays, quelles solutions pensez-vous être les meilleurs ? (Flat tax par exemple ?)




Benjamin Grange (porte-parole de Crypto Asset France) : l’adoption d’une flat tax serait bien entendu une bonne nouvelle. Elle permettrait notamment d’éviter la fuite des talents français, qui sont nombreux, vers d’autres pays plus bienveillants envers les projets crypto-économiques. En ce qui concerne la fiscalité sur les tokens, il conviendrait de définir des sous-catégories. Avec les tokens dits « d’usage », les crypto-entrepreneurs vendent des produits constatés d’avance, donc éligibles à la TVA et à l’Impôt sur les Sociétés. En revanche, les « security tokens » et « equity tokens » représentent respectivement de la monnaie et des parts de capital, et ne devraient donc logiquement pas être taxés. Nous croyons qu’un cadre règlementaire strict, précis et cohérent, permettra aux investisseurs et aux entrepreneurs d’être rassurés et donc de choisir la France. En complément, l’AMF travaille sur un visa.

Michaël : La démocratisation des crypto-assets sera également grandement aidée s’il y a une régulation et une fiscalité claire et favorable, ce qui amène à une autre question, quels projets sont les plus avancés afin de faciliter l’accès des crypto-assets au quotidien et mettre vraiment une économie en place à travers la blockchain, qui pour le moment reste majoritairement de la spéculation ?

Pierre Noizat (membre de Crypto Asset France, CEO Paymium & Blockchain.io) : Le mot « spéculation » est péjoratif en français. Il désigne des investissements à haut risque et hauts rendements. Or les deux notions, risque et rendement, sont indissociables. Faciliter le financement de l’innovation en France, c’est faciliter les investissements « à risque ».

Michaël : Il y a une énorme manipulation des marchés des crypto-assets, dû en partie au manque de régulation, comment pensez-vous que nous puissions lutter contre ça ? Sachant qu’il y a des exchanges partout dans le monde, une coordination globale entre ces derniers serait peut-être la bienvenue ?  À moins qu’il faille plutôt encourager les échanges décentralisés ?

Pierre Noizat (membre de Crypto Asset France, CEO Paymium & Blockchain.io) : Certains exchanges sont totalement opaques dans leur fonctionnement, ce qui nous ramène à la question précédente. Il a été démontré par exemple que certains exchanges gonflent leur volume de transactions. Ce genre de pratiques devraient être sanctionnées. Il faut encourager aussi les échanges « décentralisés » mais le marché s’en chargera car il y a une forte demande pour cela. Certains exchanges comme blockchain.io proposeront du « non-custodial trading » (« decentralized settlement ») c’est à dire la possibilité d’échanger des coins ou des tokens sans avoir à les déposer sur l’exchange.

Michaël : De plus en plus d’ICO et même d’airdrops (distribution gratuite de tokens avant un ICO) réclame un KYC pour pouvoir recevoir les jetons, certains ne le réclament qu’à partir d’un certain montant. Ceci met en péril les données personnelles des investisseurs qui doivent fournir leurs documents d’identité à des inconnus, en plus de mettre leurs fonds à risque. À moins d’avoir un œil très aviser, il est très difficile de détecter les projets sérieux des autres, même les experts mondiaux (charlie lee avec litepay) peuvent se tromper. Avez-vous des solutions ou des pistes pour mieux protéger les consommateurs et investisseurs ? (je ne connais pas de projet (via la blockchain ?) vraiment abouti qui va dans ce sens, mais plusieurs sont en cours)

Pierre Noizat (membre de Crypto Asset France, CEO Paymium & Blockchain.io) : Si des documents sont demandés dans le cadre d ‘un KYC, les investisseurs ne les confient pas à des inconnus mais aux porteurs d’un projet qu’ils soutiennent. Si les porteurs du projet sont des inconnus, les investisseurs ne doivent pas investir.

Concernant la détection des projets, il y aura toujours une part de risque: on ne gagne pas à tous les coups lorsqu’on investit, quelle que soit la technologie employée. A minima, on doit exiger la transparence de la part des porteurs de projet et un minimum de KYC pour  les responsabiliser sur la lutte contre le blanchiment.

Merci à Wendi de m’avoir permis de poser ses questions à certains membres de Crypto Asset France. Si vous souhaitez poser vos questions, merci de laisser un commentaire sous cet article ou bien de me contacter via mail, par fb ou sur Telegram.

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Michaël
Michaël

Passionné par Bitcoin et les cryptomonnaies depuis 2017, je partage mes connaissances grâce à des articles, tutoriels et vidéos. J'ai créé ce blog pour aider à démocratiser les cryptomonnaies dans la sphère francophone.

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